"Des portraits singuliers, à l'esthétique complexe,
qui nous racontent notre monde contemporain ..."
Un visage est un abîme au fond duquel se terrent des secrets auxquels n'ont pas accès ceux qui le dévisagent. C'est une énigme, quoi qu'il puisse laisser transparaître et quoiqu'en pense les adeptes de la morphopsychologie. Qu'ol révèle à l'occasion tel ou tel sentiment, telle ou telle émotion, il ne se livre jamais en entier, mû par un reflexe d'auto-défense, par la pudeur, par la crainte de donner à voir, qui sait, des tourments trop obscurs pour se confronter à ceux qu'il côtoie. L'artiste seul (peintre, photographe, écrivain...) a le pouvoir de donner consistance à ces fils mystérieux qui relient les traits du visage aux sentiments qui les animent. Et de remonter ainsi jusqu'aux plus intimes aspects de la personnalité. Par le portrait, il parvient à saisir ce qui se dissimule derrière la figure de son modèle. En peinture, Kokoschka y excellait. L'artiste par sa technique si particulière, mélange de peinture, de photographies, de multiples opérations, parvient à nous montrer du sujet les multiples visages. L'image composée, ou plutôt recomposée, présente du modèle une vision complexe, qui pénètre au plus intime. Les visages que nous proposent Matthieu Fappani frappent par leur regards perçant, incisifs, ironiques. Comme si dans un dernier effort, les modèles voulaient dissimuler ce qu'ils sont réellement : des êtres seuls avec leur détresse, leur vécu. Cet art comme une allégorie de la solitude, une illustration de la difficulté de l'être humain à affirmer sa singularité au sein de la société contemporaine.
Ludovic DUHAMEL - "Miroir de l'Art Janvier 2012"
Pour ses créations visuelles composées Matthieu FAPPANI tente de faire correspondre les différentes couches d'image aux différentes dimensions de l'homme. Il développe un langage de représentation iconographique pour exprimer le caractère variable de celui-ci. La recherche visuelle de ce jeune artiste s’arcboute sur la relation entre le sujet et l'espace ; il en déduit une expression qui emprunte des codes tantôt à l'univers figuratif tantôt à l'univers abstrait, et qui se fait peinture et photographie, photographie et peinture les frontières des pratiques s’y diluant. Au-delà d’une volonté de matériau non cantonné, qui reste son point d’ancrage, ses travaux se nourrissent de son observation des comportements de l’humain au sein de sa communauté, ceci sans renier les problématiques contemporaines concernant le « je » et l’autre. Son travail débute avec des photos prises ( au double sens de photographier et d’emprunter) et du matériau graphique divers qu’il manipule non au sens de tromperie mais à la manière d’un artisan qui dépasse sa matière pour œuvrer et fabriquer. Sa perception se libère d’une simple mimesis et si le portrait est le genre adopté, il s’avère une confrontation consciente entre le réel de la figure et les caractéristiques pensées voire fantasmées qui s’y sécrètent. Il expurge de la photographie publicitaire découpée, le canon de la beauté à revoir et corriger non le modèle à suivre. Ses œuvres ne cachent pas les distinctions des sources ; d’autant qu’elles déclinent ses motifs, ses formats, ses couleurs… Ainsi ce n’est jamais Une Image, L’Image mais des variations ainsi qu’un musicien reprenant ses tonalités provoquent diverses partitions. Non en exercice vain mais dans sa réflexion sur l’humain. L’intermédialité sait retenir de la peinture les variantes de son matériau, de la photographie sa définition de révélation d’une image latente et en attente de se lancer dans le visible…Les yeux des panneaux ainsi dépassent le statisme de l’image visuelle fixe, ils accueillent ou perturbent le vôtre. Quelque chose y a lieu. A chaque fois.
Simone DOMPEYRE
For his visual creations made Matthew FAPPANI tries to match the different layers of image to different dimensions of man. He developed an iconographic representation language to express the variability of it. Visual search of this young artist camping on the relationship between subject and space, he deduces an expression that takes code sometimes and sometimes figurative to abstract universe, which is painting and photography , photography and painting the borders of the practices it thinner. Beyond a desire for material that is not confined, remains its anchor, its work feeding on his observation of human behavior in the community, without denying this contemporary issues concerning the "I" both. His work begins with photographs taken (in both senses of photographing and borrowing) and it handles a variety of graphic material not in the sense of deception, but in the manner of a craftsman to work beyond its material and manufacture. His perception is released from a simple mimesis and if the picture is the kind adopted, it is a conscious confrontation between the reality of the figure and features thoughts even fantasized that secrete it. It sanitizes the cut advertising photography, canon of beauty to review and correct not the model. His works do not hide the differences of the sources, especially as they assume their motives, their sizes, colors ... So it's never a picture, the picture but variations and a musician taking up his cause tones various partitions. Not in vain exercise but in its reflection on the human. The intermediality knows retain paint variations of its material, photography definition of revelation of a latent image and waiting to get into the eyes visible signs ... and beyond the static visual image of the fixed They welcome or disrupt yours. Something applicable. Every time.
Simone DOMPEYRE

